Cruzille en Saône et Loire

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Accueil du site > Sur les traces du passé cruzillois > A la recherche du passé cruzillois : le moyen-âge

A la recherche du passé cruzillois : le moyen-âge

Le Moyen Age

Le Moyen-Âge débute à la chute de l’Empire Romain à la fin du Vème siècle et finit lors de la prise de Grenade par les catholiques sur les musulmans et la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492.
Sans être encore un département, la Saône-et-Loire avait déjà un rôle important en tant que carrefour entre le sud et le nord du Royaume de France. Elle rassemblait des zones géographiques très originales, points de passage obligés entre le nord et le sud, qui bénéficiaient en outre de richesses naturelles ; de ce fait, elles ont été peuplées très tôt mais aussi convoitées par les envahisseurs (déferlent successivement les Vandales en 204, les Huns en 451, les Burgondes et les Francs. Vers 730, les Sarrazins brûlent Mâcon et Chalon-sur-Saône. Puis les Normands en 852 et les Hongrois en 900).
Au Moyen Âge, de grands barons se partageaient le territoire, comme ceux de Brancion qui dominèrent pendant plusieurs siècles la majeure partie de la Saône-et-Loire, les comtes de Chalon-sur-Saône ou ceux du Charollais. L’art roman est bien représenté dans toute la Saône-et-Loire et notamment par les nombreuses églises romanes du Charolais et bien sûr, l’abbaye de Cluny qui, au Moyen Âge, étendait son ordre sur toute l’Europe.

Cruzille médiévale

Ce sont au moins sept sites qui ont été recensés de cette période médiévale :
« En Beaumont » des sépultures surtout , à la Verchère des restes de Bâtiments et bien sûr au Bourg la partie ancestrale du château et d’autres que nous allons développer.

Cruzille burgonde
Sagy-le-bas

Juillet 2005, Gilles Charpy-Puget, alors qu’il a entrepris près de sa maison familiale, les fondations d’un garage, observe une structure curieuse. Bernard Moine qui travaille avec lui, d’un coup de tractopelle, a soulevé une grande dalle qui a fait apparaître une fosse maçonnée, en pierre sèche, d’environ 2m sur 1m, fermée initialement par trois dalles plates. Le premier objet qu’il aperçoit dans cette fosse est une pelle métallique rouillée, type pelle à charbon. Il décide alors d’arrêter ses travaux et prévient le responsable du GRAT (Groupe de Recherche Archéologique de Tournus).
À leur arrivée, les membres du GRAT sont surpris par la taille de la fosse ce qui rend caduque l’hypothèse d’une simple sépulture et des investigations sont bien sûr, immédiatement engagées.
Chantier fouilles Sagy

De la terre noirâtre semble provenir d’un orifice au sommet du muret , laissant penser à un puisard pour capter les eaux usées de la maison. Après évacuation des gravats et des pierres, dans les sédiments, ils trouvent des éléments relativement récents charbons de bois, fragments de verres à vitre, de poteries vernissées, de tuiles modernes.
En raclant délicatement dans la fosse très exiguë, ils retrouvent le même genre de vestiges que précédemment mais aussi un fragment osseux crânien humain et une partie de mâchoire d’un sujet de petite taille. 
Dès l’instant de ces découvertes, les décapages deviennent plus délicats, la truelle remplaçant la raclette afin de pouvoir laisser les objets mis au jour en place. D’autres ossements humains apparaissent mais très dispersés, loin de l’ordre anatomique. Des relevés très précis sont établis, donnant ensuite base à un premier bilan : la tombe présente un aspect monumental ; son axe principal est orienté est-ouest. La construction a été extrêmement soignée et les dalles choisies avec soin pour fermer hermétiquement l’ensemble (les dalles pèsent plus de 500kg à elles trois).
Après un certain nombre de réflexions, l’hypothèse d’un puisard ayant été largement écartée, la perturbation des ossements à l’intérieur du caveau est imputée à une intrusion humaine relativement récente. Après une inspection, le caveau a été refermé en assurant son étanchéité et sans doute la pelle a-t-elle été oubliée.

Gilles Charpy-Puget évoque la découverte d’autres sépultures sous dalles non loin, dans la commune et aussi la présence de la chapelle Sainte Marie toute proche.
Plan de sepultureLe GRAT prend alors contact avec le Service Régional de l’Archéologie pour l’informer de la découverte de cette sépulture singulière.

À la mi-juillet le GRAT revient sur le terrain car Gilles Charpy-Puget souhaite poursuivre ses travaux. Un certain nombre d’ossements humains vont être à nouveau mis au jour, remaniés pour la plupart dont une vertèbre cervicale en contact avec des dents. Un tibia, pris dans l’argile jaune, semble ne pas avoir été bougé comme les os du pied qui le suivent montrant que le sujet avait été initialement placé dans sa tombe la tête à l’ouest , tournée vers le soleil levant.

Les observations se poursuivent. L’ensemble des ossements est lavé. Le caveau est vidé totalement , et d’autres ossements sont encore exhumés dont plusieurs fragments d’un crâne. La dalle ouest de couverture pèse près de 300kg, elle s’avère être en grès feldspathique qu’on peut trouver à l’ouest de Sagy, au mont Saint Romain, par exemple, mais aussi au niveau de Burgy.

Cranes deforme et temoinParmi les ossements remontés, le crâne de l’individu inhumé présente une déformation volontaire du frontal. Le GRAT contacte alors des spécialistes, Henri Gaillard et Germaine Depierre qui reconnaissent dans cette déformation une pratique burgonde (pendant la croissance, le crâne était contraint par des bandelettes ou autre). M. Gaillard estime alors qu’on doit pouvoir dater la tombe du V° siècle. Cette attribution chronologique sera confirmée par une analyse radiocarbone donnant comme date la plus probable 421 ap, J.-C.(1) : On peut donc bien parler de la découverte d’une sépulture burgonde à Cruzille, la première du département à avoir donné un crâne déformé.

Dans la zone où a été trouvée cette sépulture on sait qu’à diverses époques d’autres tombes ont été rencontrées. Jean-Gérard Guillot a rapporté aux membres du GRAT qu’il avait découvert une fosse en pierre sèche, vide d’ossements sur l’emplacement théorique de l’ancienne Chapelle Sainte Marie, et une autre fosse d’environ 2m sur 0m60, fermée par trois dalles dans son ancien cuvage, à priori vide d’ossements également. D’autre part Gilles Charpy-Puget sait que lors de travaux, sur la route qui borde sa maison, une autre sépulture avait été signalée vers 1958.

Une fois l’ensemble des objets enlevés, Gilles a été autorisé à reprendre ses travaux, la sépulture ayant livré une partie de son secret.

(1) Lyon-4594 (GrA) Age 14C BP : 1625 + 30 soit un âge calibré de 385 à 534 ap, J.-C. avec comme date la plus probable 421 ap. J.-C.

 

Cruzille : haut moyen-age ... et avant
La Verchère, Sagy
 

 

Avril 2003 : alors qu’il va entreprendre des travaux de construction dans une parcelle lui appartenant, au lieu-dit La Verchère à Sagy, Gilles Charpy-Puget prévient le Groupe Archéologique de Tournus car il sait que des silex et des objets gallo-romains ont déjà été trouvés dans cette zone, il pense que, lors de ses travaux, de nouvelles découvertes pourraient avoir lieu. Une première visite est fixée au 12 avril. À leur arrivée sur les lieux, alors que le sol a déjà été décaissé, les personnes du GRAT trouvent quelques silex taillés. Dans un angle du terrain, ils repèrent un bombement et la présence de pierres. Une grande dalle de pierre, également les interroge.
Un point important est à souligner : Ce terrain est une ancienne pépinière, et il est donc probable que les pierres qui bordent encore la parcelle, ont été extraites du champ et parmi elles il doit y avoir, provenant des anciennes constructions, des restes encore présents aujourd’hui dans le sol.
Du 12 avril au 17 mai 2003, les travaux de Gilles Charpy-Puget vont se poursuivre, mais accompagnés, le plus souvent, et régulièrement, par des membres du GRAT, dont Jean Duriaud, qui effectueront des décapages, des sondages, des relevés, des prélèvements ...
Voici une liste des principales observations et prélèvements : (Attention, cette liste ne correspond ni à la chronologie des travaux, ni à celle des différents habitats supposés ou mis en évidence , pour plus de précision et de rigueur on se reportera au document du GRAT*)
  Mobilier prehistorique Mobilier prehistorique legende
  • Des silex, et une hache en pierre polie,
  • En plusieurs endroits des gros blocs de calcaire alignés, et sur certains d’entre eux des restes d’argile jaune, le liant sans doute, qui formaient des murs, dont certains sont contemporains, en contact parfois entre eux pour constituer des constructions . Ces murs sont souvent d’époques différentes,
  • Une première fosse F2 : remplissage de terre grise ponctuée de très nombreux charbons de bois et de granules de terre cuite, Fosse
  • Les contours d’une deuxième fosse F3 : remplissage de terre noire, charbons et granules de terre cuite, des tessons noirs et une petite boucle de ceinture en bronze,
  • Un trou de poteau et trois dallettes à plat F4 et au fond 4 couches de pierres plates,
  • Des fragments osseux paraissant humains calotte crânienne et diaphyse d’humérus, puis confirmés, après découverte d’une mandibule inférieure humaine accompagnée de deux fémurs, témoins d’ une sépulture encore en partie en place,
Des morceaux de céramique médiévale surtout, avec parfois des traces visibles de tournage, aux parois très fines (4 à 6 mm). Les couleurs vont du crème clair au noir foncé en passant par le gris bleu. Parmi les tessons récoltés plus épais, de petite dimension, certains sont à rapporter à une période antérieure préhistoire ou protohistoire. Mobilier medieval

Tous les vestiges récupérés sont marqués : CRZ Ver 03 (Cruzille Verchère 2003)

Conclusions et interprétation du groupement archéologique :

Les investigations n’ont pas pu être menées à bout, de nombreux doutes persistent quant au classement chronologique des témoins rencontrés mais de nombreuses informations ont été récoltées. D’autres recherches seraient nécessaires pour mieux interpréter les structures et mieux comprendre les différentes phases d’occupation qui ont affecté ce quartier du village.
Voici la copie de l’analyse proposée par les membres du GRAT en 2004 :
« … On peut d’ores et déjà tracer à grands traits l’histoire de ce secteur. Au Paléolithique moyen , c’est un lieu de passage de Néandertaliens installés un peu plus au sud, dans le Mâconnais. Au Néolithique, mais plus sûrement au Gallo-romain, il se trouve à la périphérie immédiate d’un habitat. Il conviendrait de rassembler toutes les découvertes de témoins archéologiques signalés dans cette zone pour localiser précisément ces lieux d’implantation. Plan batiments
Il faut attendre la fin du Haut Moyen Âge pour voir les premières structures d’habitat s’inscrivant ici dans le sol. La fosse F2 est sans doute la première à avoir été creusée. Son remplissage ne contient en effet aucun bloc de calcaire, signe que les bâtiments en pierres n’étaient pas encore édifiés. Les trous des poteau F1, F4 et F5 appartiennent indéniablement à la même phase de construction étant donné leur grande similitude avec notamment ces dalles placées au fond sur plusieurs épaisseurs. Leur remplissage qui, là non plus, n’est pas pollué par des pierres, plaide pour une datation haute. Sans doute a-t-on affaire à un bâtiment à ossature et couverture végétale ?
Vient ensuite une construction en pierre solidement fondée sur de gros blocs de calcaire tirés du substrat local, assis eux-mêmes sur une semelle débordante. Le mur ouest M2 vient recouvrir la fosse F2. Les murs atteignent 75cm de largeur et les moellons sont liés à l’argile jaune. Le plan suggère une pièce de dimensions intérieures de 7m sur 8m avec un sol qui peut, par endroits, inclure de minces plaquettes calcaires. On devine une zone foyère à même le sol d’argile et proche d’un mur de refend (mur M6). Le mur M3 au sud et son retour oriental (M4) suggèrent la présence d’un autre bâtiment à moins qu’il ne s’agisse que d’un enclos. La sépulture sera en tout cas implantée à l’intérieur du rectangle délimité par ces murs.

Les décrochements observés dans les murs et les indices relevés dans la coupe nord attestent d’une seconde campagne de construction aux dépens des matériaux de l’édifice initial. La première assise des murs, qui se surimpose à une couche de démolition riche en pierraille, met en œuvre les mêmes gros blocs, mais apparemment sans semelle de fondation cette fois (mur M1). Le bâtiment s’élève plus au nord où ses premières assises dessinant son plan doivent être en grande partie conservées. En l’absence évidente de mur, on saisit mal comment l’édifice était fermé au sud. Vu leur position, les trous de poteau pourraient revendiquer un rôle dans un tel dispositif, mais comme nous l’avons dit, nous ne pouvons les considérer comme contemporains de cette ultime phase de construction. Finalement une sépulture est installée en pleine terre, à faible profondeur, vraisemblablement après l’abandon du site... ».

*D’après Jean Duriaud 2004. Archéologie en Tournugeois -Prospection-inventaire année 2003 Extrait La Verchère. Service Régional de l’Archéologie de Bourgogne, Dijon.

Sculptures

Dans le village il existe chez des particuliers un certain nombre de sculptures ou fragments. Quelques Cruzillois ont eu la gentillesse de nous dévoiler leurs « trésors », que nous allons donc vous présenter accompagnés d’un petit commentaire de Pierre Velon, fin connaisseur en sculpture médiévale qui nous a donné un premier avis à partir des photos présentées ; dès que possible les pièces lui seront présentées directement et l’analyse devrait pouvoir s’affiner.

Tête de femme Sculpture en pierre Tete de femme
Cette petite tête a été trouvée pendant les travaux de réfection des enduits extérieurs d’une maison de Collonges en 1980, sous les anciens enduits, dans
une petite niche ; elle s’y trouvait accompagnée d’un petit cœur en pierre. Faite de calcaire blanc cassé, elle mesure 12 cm de haut, 11 cm de largeur à sa base, et environ 7 cm d’épaisseur . Le cou est coupé pour former une base de socle plat. Le nez est en partie enlevé, la bouche est souriante, la chevelure, longue, bien mise en relief, présente un relief horizontal comme une trace de couronne ou ruban. Le sommet de la chevelure et de la tête est légèrement cassé, sur la gauche. Sur le profil droit on distingue bien les formes d’un voile.

Selon Pierre Velon : au premier coup d’œil, la petite sculpture est particulièrement intéressante. Sa facture est plus "savante" que "populaire". Bien que sans mentonnière, la coiffure la situerait autour de 1400-1450. La cassure de la base a dû être retaillée pour stabiliser la pierre.

Femme au jupon Sculpture en pierre Femme au jupon
La pièce a été trouvée au milieu des années 1970, à Sagy le Bas près de la Maison de Jean-Gérard Guillot à l’entrée sud du Hameau, par Mr Guillot Pierre, sur un lieu où aurait existé la Chapelle Ste Marie dans des temps anciens. C’est Julien, petit-fils de Pierre qui présente cette belle pierre.
C’est le bas d’un personnage féminin, sa jupe avec un pied (l’autre, cassé, est absent), dont la partie supérieure, disparue aujourd’hui également, a été cassée.
L’ensemble est monobloc, en calcaire beige un peu doré, le pied encore présent, est sculpté avec son sabot. La jupe est sculptée verticalement afin de donner une impression de volume, au bas on distingue une autre forme, comme l’évocation un jupon qui dépasse.
La sculpture mesure 75 cm de hauteur totale, dont 45 cm pour la jupe, et environ 35 cm au plus large de la jupe, l’arrière est plutôt brut de travail, signe que le personnage devait être placée contre quelques chose (niche, mur , autel etc.). Cela permet d’imaginer un personnage mesurant 1,20 m de hauteur au moins.

Hypothèse provisoire de Pierre Velon : Il n’y a pas grand chose de lisible sur la robe de cette grande sculpture. Le reste de chaussure, vu de plus près, pourrait peut-être apporter un renseignement. La facture est apparemment médiévale, mais cela reste à vérifier.

Linteau de porte de maison Linteau de porte
Cette belle pierre de linteau de porte, de couleur grise, sculptée d’une belle accolade provient d’une ancienne maison située sur l’emplacement de la cave actuelle des Vignes du Maynes, construite par Julien Guillot dans les années 1980. Sur cette pierre vient se positionner un petit médaillon, sculpté d’une partie d’une croix, détaché au moment de la découverte. Le linteau mesure environ 1m de longueur pour 45 cm de hauteur et 26 cm de profondeur. Le morceau de médaillon en forme de ½ cercle, mesure environ 135 mm de diamètre et 110 mm de hauteur.


Analyse de Pierre Velon : Le linteau en accolade à cavet s’est fait pendant longtemps, même assez tard dans le XVIe siècle. La petite croix m’intéresse tout spécialement : c’est la partie basse d’un écu de forme ancienne, aux armes de... Nanton. Il n’y a pour ces époques que deux ou trois familles qui portaient une croix : Nanton, Messey, et Layé (Layer). À Cruzille, la famille de Nanton a possédé le fief du XIVe au XVe siècles. Plus précisément, en 1442, Etienne de Nanton est "seigneur de Saigey et Collonges les mâconnoises". Une partie des terres (Ouxy, au moins) a également été dépendante du fief de Nobles (François de Nanton), très proche par la montagne, cela pourrait situer certains éléments de sculpture dans l’histoire.



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